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Notre position

La Ligue des droits et libertés- section de Québec est impliquée dans la commission ZLÉA du Réseau du Forum Social Québec Chaudière Appalaches.

La Ligue a donc participé à la Consulta parce que nous croyons que la mondialisation doit se faire en accordant la priorité à la solidarité, au respect des droits humains, des libertés individuelles et communautaires. La mondialisation néolibérale, telle que conçue présentement, ne respecte pas ces valeurs. Nous croyons aussi que le processus de négociation doit être démocratique et que la décision de signer cet accord, modifié ou non, doit être soumise à la population.

La ZLÉA : notre position

Nous croyons fermement que la ZLÉA atteindra négativement toutes les dimensions de la vie en société, à commencer par la perte de la souveraineté des États et par la dissolution de nos droits sociaux et culturels. Cet accord constituera un danger pour nos droits et libertés, pour l’accès équitable aux services publics tels que la santé et l’éducation qui seront soumis aux lois du marché, sans oublier les impacts néfastes sur l’environnement.

Pour plus d'informations, nous vous invitons à visiter le site Internet www.reseauforum.org


La Chronique des Amériques Janvier 2004 No 03
Bilan de la consultation populaire sur le projet de ZLEA menée par les mouvements sociaux à travers les Amériques
Dorval Brunelle, en collaboration avec Vincent Dagenais

** Ce texte est constitué d’extraits, pour lire le texte intégral : www.ameriques.uqam.ca

L’analyse qui suit propose d’établir un premier bilan d’ensemble des activités menées à l’échelle des Amériques par des groupes et des organisations sociales, en très grande majorité membres de l’Alliance sociale continentale (ASC), qui ont été engagés au cours de l’année 2002-03 dans un vaste processus de consultation populaire sur le projet de Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA). (…)

Du deuxième Sommet des peuples à la « consulta » :
Il convient de rappeler, au départ, que la réflexion engagée lors du Sommet des Peuples avait débouché sur un constat central, à savoir que l’opposition à la ZLEA ne devait pas être entièrement concentrée sur l’organisation de grands rassemblements internationaux, à l’instar du Sommet des peuples, mais qu’elle devait désormais s’enraciner dans les milieux sociaux et politiques à l’intérieur de chacun des pays concernés. (…)

La Déclaration de La Havane situait les enjeux de la manière suivante : Pour construire des Amériques solidaires, il fallait monter une opposition forte contre le projet de ZLEA. Le Plan d’action prévoyait, entre autres choses : premièrement, le renforcement de l’Alliance sociale continentale (ASC), son élargissement, de même que celui des autres coalitions d’opposition à la ZLEA; deuxièmement, le lancement d’une campagne continentale d’information et de formation sur le projet des Amériques; troisièmement, le resserrement des liens entre les réseaux et les mouvements opposés à la libéralisation extrême à travers le continent; et quatrièmement, l’interpellation des parlementaires et la mobilisation des peuples. (…)

Objectifs généraux de la campagne:
La campagne continentale contre la ZLEA visait alors les quatre objectifs suivants : (i) bloquer la ZLEA; (ii) défendre la souveraineté nationale; (iii) changer le modèle économique de dépendance externe; et, (iv) bâtir une intégration populaire et souveraine alternative. (…)
Pour atteindre ces objectifs, la campagne devrait inclure les cinq actions suivantes: (i) accorder la priorité à la consultation populaire sur la ZLEA; (ii) inscrire cette activité dans un processus permanent de consultation, plutôt que d’en faire une action à part; (iii) lier la consulta aux luttes populaires locales; (iv) effectuer un travail d’information et de formation à la base sur la ZLEA, ses effets, ainsi que sur la consulta elle-même; et, (v) lier cette action aux luttes continentales contre d’autres composantes de la stratégie d’intégration dans les Amériques, comme le poids de la dette, le plan Puebla-Panama, le plan Colombie, etc. (…)


Les résultats de la consultation populaire au Québec:
Au Québec, c’est le RQIC qui, en tant que membre de l’ASC, a été l’instigateur de la consultation populaire autour du projet de ZLEA et, au départ, la consulta en tant que telle a été prise en charge par des organisations membres du RQIC. Le processus devait se dérouler entre les mois d’octobre 2002 et d’avril 2003. Cependant, il est vite apparu que les contraintes liées à l’ampleur de la tâche de formation et de mobilisation à assumer étaient telles, qu’il apparaissait nécessaire de repousser l’échéance à l’automne 2003. Dans ces conditions, la nouvelle échéance permettait désormais de prévoir faire atterrir la consulta à temps pour coincider avec la huitième Rencontre des ministres du Commerce des Amériques qui devait avoir lieu à Miami les 20 et 21 novembre 2003.
Le coup d’envoi de la mobilisation a été donné par le mouvement étudiant qui a organisé une marche dans plusieurs villes du Québec, marche qui a rassemblé, au total, 10 000 manifestantes et manifestants dans les rues du centre-ville de Montréal, à Gatineau, à Trois-Rivières, à Sherbrooke et à Chicoutimi, le 31 octobre 2002. À compter de l’automne, les organisations syndicales (CSN, CSQ, CSD, FIIQ, SPGQ et SFPQ), la Fédération des femmes du Québec (FFQ) et les organismes de coopération internationale, de défense des droits, entre autres6, ont préparé des instruments de formation à l’intention des membres de leur réseau sur la mondialisation, les accords commerciaux et la politique économique des gouvernements. Il s’agissait de développer les outils indispensables pour informer, former et faire comprendre à la population les liens entre la politique intérieure et la négociation d’accords commerciaux internationaux et, en particulier, la négociation de la ZLEA. Cette vaste opération de formation devait déboucher sur une consultation populaire auprès de la population. (…)

De la Gaspésie à Montréal, en passant par la Mauricie, les Bois-Francs et la région de Québec-Appalaches, et ce, jusqu’en Abitibi-Témiscamingue, des coalitions régionales ont vu le jour afin de mettre en commun les ressources et soutenir le travail de formation et d’information sur la ZLEA. Au total, ce sont plus de 10 000 personnes qui ont participé aux différentes formations données sous une forme ou sous une autre : soirées, soupers, « 5 à 7 », en plus de la centaine de sessions intégrales de formation (d’une durée de 3 heures) qui ont été dispensées à la grandeur du Québec. Des dizaines de formateurs et de formatrices ont participé activement à ces rencontres tenues à la demande d’organismes locaux ou régionaux où l’information, les échanges, les discussions étaient à l’ordre du jour. Tout ce travail a été soutenu par une vingtaine d’organisations nationales qui ont collaboré avec des centaines d’organisations et groupes locaux. C’est d’ailleurs cette collaboration et ces échanges qui ont contribué à faire de cette opération de formation populaire un succès à la grandeur du Québec. (…)

Une fois la consulta terminée, les résultats ont été rendus publics lors d’une conférence de presse tenue au Parlement canadien, le 18 novembre 2003. La conférence avait été convoquée conjointement par le RQIC et Common Frontiers. Au Québec, ce sont plus de 60 000 personnes qui ont manifesté leur désaccord au projet de la ZLEA tel qu’il se négociait (93% contre). De plus, 95 % des votants demandaient au gouvernement de ne signer aucun accord de commerce dans les Amériques qui ne reposerait pas sur un processus de négociation et d’adoption transparent et démocratique, qui ne préserverait pas le pouvoir de légiférer des gouvernements au titre de la promotion du bien commun, de l’intérêt public, de la démocratie et du respect de l’environnement, qui ne défendrait pas la primauté des droits individuels et collectifs sur le commerce et le profit, qui ne favoriserait pas l’égalité entre les femmes et les hommes. (…)

Ailleurs dans les Amériques :
Cette section est tirée du site officiel de l’ASC. Elle a été traduite par Tania Vachon d’Alternatives.

3 organisations du Cône Sud mettaient en marche une Caravane contre la ZLEA qui, partant de la Bolivie, devait arriver à Quito à temps pour la tenue de la septième Rencontre des ministres du Commerce des Amériques.
Plusieurs activités ont eu lieu en 2003, à commencer par une marche contre la ZLEA du 27 au 31 janvier au Costa Rica5, suivi par un plébiscite, tenu le premier février 2003, à Mexico D.F. (100 000 voix), un autre à Haïti, le 14 février, et en Équateur, en mars. Le 8 mars, Journée internationale des femmes, la question de la ZLEA a été mise à l’ordre du jour et le projet a été dénoncé lors des marches organisées à cette occasion. Au Pérou, la consulta a été tenue au niveau national, entre les 8 et 24 mars, tandis que le 17 avril avait été retenu comme journée de mobilisation contre la ZLEA dans la Caraïbe. Durant le mois d’avril, des plébiscites ont été organisés à Buenos Aires et au Chili, tandis que les organisations panaméennnes tenaient un forum national sur la ZLEA. En Amérique centrale, une rencontre sociale contre la ZLEA s’est tenue du 5 au 7 juin.
Si, dans certains cas, les réalisations ont pu se situer en-deça de certaines attentes, comme ce fut le cas au Mexique, où l’attention et les mobilisations ont été concentrées sur la convocation de la cinquième Rencontre des ministres du Commerce de l’Organisation mondiale de commerce (OMC), qui devait se réunir à Cancun au début de septembre 2003, il n’en reste pas moins que le relais a été assumé au niveau local, et qu’une campagne très active s’est déroulée dans l’État du Chiapas, où 973 assemblées de formation ont été tenues impliquant 1020 communautés dans 45 municipalités, avec le résultat que 90 000 personnes se sont prononcées à plus de 99% contre la ZLEA au niveau de l’État.
En août, une marche des pauvres (« March of the poor ») contre la ZLEA a été organisée dans le sud des EUA, tandis que, du 7 au 9 novembre, un « campamento contra ALCA » était mis sur pied au Brésil. Enfin une consulta a été organisée au Paraguay, le 19 novembre, qui a récolté 140 000 voix contre le projet de ZLEA, tandis que le jour suivant, le 20 novembre, 31 000 étudiants manifestaient dans Buenos Aires contre la ZLEA.
Enfin au Canada la coalition canadienne d’opposition au libre-échange, Common Frontiers, a également mené campagne contre le projet de ZLEA, mais la forme et le contenu de cette campagne ont été très différents de ce qui s’est fait au Québec. En effet, Common Frontiers a choisi de travailler cette question en étroite collaboration avec le Council of Canadians (Conseil des Canadiens). Ensemble, ils ont décidé de faire porter la campagne sur le lien entre la libéralisation des marchés et le sort du système de santé au pays. À leurs yeux, ce choix stratégique s’imposait en raison des conclusions auxquelles la Commission sur l’avenir des soins de santé au Canada était arrivée dans le rapport (« rapport Romanow ») qu’elle déposait en novembre 2002. Au total, ce sont plus de 60 000 Canadiennes et Canadiens qui ont signé une pétition contre la ZLEA.


ANNEXE :
Liste des organisations qui ont participé à la consulta au Québec:
Alternatives
Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI)
CAP Monde (Vers une convergence pour l’avenir des peuples du monde)
Centrale des syndicats démocratiques (CSD)
Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
Centre international de solidarité ouvrière (CISO)
Confédération des syndicats nationaux (CSN)
Conseil central de Montréal métropolitain (CSN-CCMM)
Corporation de développement communautaire des Bois-Francs
Développement et Paix
Fédération canadienne des étudiantes et étudiants (FCEE) Section Québec
Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ)
Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) :
– AEP et AECSP (polytechnique)
– SSMU (McGill)
– AGEUQAR et AEEESUQAR (UQAR)
– FAÉCUM (U de Montréal)
– FEUS et REMDUS (Sherbrooke)
– AGEUQAT (UQAT)
– ADEESE (UQAM)
– AGEUQO (UQO)
– CADEUL et AÉLIÉS (Laval)
– AGEUQTR (UQTR)
– MAGE-UQAC (UQAC)

Fédération des femmes du Québec (FFQ)
Fédération des Infirmières et Infirmiers du Québec (FIIQ)
Forum Social Québec-Apalaches
Ligue des droits et libertés
Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec (MÉPACQ) :
– Centre de femmes du pays de Maria-Chapdelaine
– Centre populaire de Roberval
– Service budgétaire et communautaire de Chicoutimi
– Comité des droits sociaux d’Alma
– Service budgétaire et communautaire d’Alma
– Comité d’environnement de Chicoutimi
– Service budgétaire populaire de St-Félicien
– Centre de femmes Mieux-Êêtre de Jonquière
– AGEPA
– Table régionale des organismes volontaires d’éducation populaire (TROVEP) Montérégie
– TROVEP Montréal

Regroupement d’éducation populaire d’Abitibi-Témiscamingue (RÉPACT)
Regroupement des organismes d’éducation autonome de la Mauricie (ROM)
Solidarité Nord-Sud des Bois-Francs
Syndicat des professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ)
Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ)
Table des groupes populaires de la Côte-Nord.


La ZLÉA : notre position

Nous croyons fermement que la ZLÉA atteindra négativement toutes les dimensions de la vie en société, à commencer par la perte de la souveraineté des États et par la dissolution de nos droits sociaux et culturels. Cet accord constituera un danger pour nos droits et libertés, pour l’accès équitable aux services publics tels que la santé et l’éducation qui seront soumis aux lois du marché, sans oublier les impacts néfastes sur l’environnement.


Intégration continentale

- Le Réseau québécois sur l'intégration continentale

Le RQIC est composée d'organisations populaires, syndicales, de coopération internationale, communautaire et environnementale ainsi que de groupes de recherche. Le RQIC a pour objectif de proposer une vision du développement des Amériques respectueuses des droits sociaux, et de promouvoir la démocratie, la participation, le respect de l'environnement et l'élimination de la pauvreté sur le continent. La section de Québec du RQIC est composée d'Alternatives, de la CSN, de la CSQ, de Développement et Paix, de la Fédération des femmes du Québec et de la Ligue des droits et libertés. Sous la bannière du RQIC, la Ligue a organisé plusieurs activités touchant la mondialisation et la ZLÉA.

Le RQIC a préparé des activités entourant le Sommet des peuples des Amériques + 1 (avril 2002), le G-8 (juin 2002) et d'autres réunions internationales relatives à la ZLÉA. Nous espérons pouvoir de nouveau envoyer un représentant au Troisième Forum social mondial, qui se tiendra à Porto Alegre en 2003. Surveillez notre site pour plus de détails sur les activités à venir.

Sommet des peuples des Amériques

La Ligue des droits et libertés a activement participé au Deuxième Sommet des peuples des Amériques, qui s'est tenu dans la ville de Québec, du 17 au 21 avril 2001. La Ligue a mis sur pied et animé le Forum sur les droits humains, auquel ont pris part plus de deux cents personnes représentant des organismes de tous les coins des Amériques.

Vous pouvez visiter le site Internet du Sommet des peuples. www.sommetdespeuples.org

La Ligue a voulu assurer que les droits et libertés des civils seraient respectés pendant le Sommet des Amériques qui s'est déroulé à Québec du 18 au 21 avril. Elle a donc fondé un comité de surveillance des libertés civiles. Les observateurs ont pu étudier les agissements des forces de l'ordre à l'intérieur et à l'extérieur du périmètre de sécurité ainsi qu'au centre de détention d'Orsainville.

Vous trouverez plus de renseignements sur le site du Comité de surveillance des libertés civiles. www.libertesciviles-civiliberties.ca

Recherche

Le phénomène de résistance à la mondialisation de l'économie

Par Michel Lapierre et Jean-François Tremblay


Il ressort de la recherche de Lapierre et Tremblay que le mouvement de résistance à la mondialisation (MRM) parvient à accumuler, historiquement, des victoires importantes à l'égard des projets de libre-échange économique, bien que le mouvement soit constitué d'acteurs aux idées forts divergentes, voire diamétralement opposées. Les auteurs nomment ce concept « unité paradoxale ».

Selon la théorie post-moderne, nous vivons présentement une période de transition où l'État perd sa capacité, en tant qu'institution centrale, d'intégrer et d'instaurer des normes.

Le caractère particulier de l'unité du mouvement de résistance à la mondialisation de l'économie provient d'une réaction vis-à-vis de la perte de la capacité des acteurs du MRM d'agir et d'être légitimés par l'État. Ce ne sont plus des institutions politiques qui déterminent, légitiment et régissent les rapports sociaux entre les acteurs, mais bien des organisations qui, par des rapports de force directe et de pure altérité, établissent des normes sociales qui régulent les rapports sociaux. Le principal rapport de force qui s'exerce entre les états (politique) et les organisations (économiques).

Lapierre et Tremblay avancent deux hypothèses quant au devenir du MRM suite au Sommet des Amériques de Québec:

    Si l'État moderne devient une organisation d'intégration et de régulation des rapports sociaux, il est envisageable que le MRM s'organise en contre-pouvoir face aux organisations inspirées de la logique néo-libérale.

    Advenant un retour en force de l'État comme institution normative, c'est-à-dire que l'État aurait un droit de veto inconditionnel sur les décisions organisationnelles internationales, le MRM subirait des transformations et deviendrait un mouvement social international qui ne chercherait pas à agir par pure altérité avec d'autres organisations. Cela pourrait prendre le chemin d'un nouveau mode d'intervention sur l'État qui ressemblerait à un lobbying citoyen.

Déjà, le Mouvement de résistance à la mondialisation de l'économie s'affirme comme initiateur et promoteur de projets alternatifs. La recherche a été menée entre septembre 2000 et avril 2001 dans la ville de Québec.

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

 

 

 


 

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